Chronique n°9 : Persécutions à l’ombre du Roi-Soleil

Le 18 octobre 1685, Louis XIV, soucieux d’asseoir son règne absolutiste dans tous les domaines, signe l’édit de Fontainebleau, moment charnière de l’Histoire de France. Jusqu’à la Révolution Française, les persécutions reprendront envers les protestants. Une situation de guerre civile intestine à laquelle Henri IV avait pourtant mis fin…

Dès 1681, dans le Poitou, Louis XIV fait organiser par ces intendants ce que l’on appela les dragonnades. C’est-à-dire que les troupes du roi stationnaient dans les villages et occupaient exclusivement les logements des protestants, les soumettant à diverses humiliations pour les forcer à se convertir. La troupe ne reculait ni devant le l’usage du viol ni celui de la torture. Les princes protestants allemands organisèrent l’exil de ces populations pour les protéger. Certains s’exilèrent aux Amériques.

En Octobre 1685, Louis XIV interdit les cultes réformés dans le Royaume de France, prétextant que ceux-ci ne sont pas représentés en France. Ce qui semble maintenant couler de source puisqu’il a organisé leur persécution et leur exil.

Ainsi le préambule de l’Edit de Fontainebleau indiquait que :

« Dieu ayant enfin permis que nos peuples jouissent d’un parfait repos et que nous-mêmes, n’étant pas occupés des soins de les protéger contre nos ennemis […] nous voyons présentement, avec la juste reconnaissance que nous devons à Dieu, que nos soins ont eu la fin que nous nous sommes proposés, puisque la meilleure et la plus grande partie de nos sujets de ladite R.P.R. (« Religion Prétendument Réformée ») ont embrassé la Catholique. Et d’autant qu’au moyen de l’exécution de l’édit de Nantes et de tout ce qui a été ordonné en faveur de ladite R.P.R. demeure inutile, nous avons jugé que nous ne pouvions rien faire de mieux, pour effacer entièrement la mémoire des troubles, de la confusion et des maux que le progrès de cette fausse religion a causés dans notre royaume et qui ont donné lieu audit édit et à tant d’autres édits et déclarations qui l’ont précédé ou ont été faits en conséquence, que de révoquer entièrement ledit édit de Nantes »

C’est dans ce contexte terrible que le 25 novembre 1691, à Adon, dans le Loiret, Pierre Babault abjure sa foi devant l’assemblée de villageois réunit lors de la messe, reconnaissant la foi catholique comme la seule foi. Il est absout de ses péchés par le curé François Le Camus.

Il faut dire que l’Édit de Fontainebleau, bien qu’il reconnaissait le droit des protestants de rester sur leur terre natale, leur faisait de bien tristes promesses si par aventure, ils s’entêtaient à célébrer publiquement leur culte :

« Pourront au surplus lesdits de la Religion Prétendument Réformée, en attendant qu’il plaise à Dieu de les éclairer comme les autres, de demeurer dans les villes et lieux de notre royaume, pays et terres de notre obéissance, y continuer leur commerce et jouir de leurs biens sans pouvoir être troublés ni empêchés sous prétexte de ladite Religion Prétendument Réformée à condition, comme il est dit, de ne point faire d’exercices ni de s’assembler sous prétexte de prières ou de culte de ladite religion de quelque nature qu’il soit, sous les peines (…) de confiscation de corps et de biens »

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