Chronique n°12 : Un mariage en captivité dans la tourmente des guerres napoléoniennes

En 1813, alors que la Sixième Coalition, comprenant le Royaume-Uni, les Empires russe et autrichien, les royaumes de Prusse et de Suède ainsi qu’un mélange hétéroclite d’états allemands, allait bientôt renverser le cours de la guerre contre l’Empire Français, deux protagonistes vivaient probablement le plus beau jour de leur vie… dans des conditions bien particulières…

Le 1er mai 1813, à Longwy (Meurthe-et-Moselle), on célébrait le mariage de Patrick Kewley et d’Apolline Louise Henry.

Patrick, capitaine de marine marchande, est issu d’une lignée de marins originaires de l’Ile de Man et plus précisément de Ballaugh, petit village de pécheurs, dans la paroisse de Michael. Il y est né le 9 avril 1775. Au début du XIXème siècle, l’Ile de Man n’est pas encore le repère de sociétés offshores, qui s’est construit petit à petit, à partir des années 1960, en réaction à la périclitation du tourisme.

En cette année 1813, capturé par les troupes françaises, il est désormais détenu en tant que prisonnier de guerre au dépôt de Longwy. C’est dans ces conditions, et accompagné de quatre camarades d’infortunes, tous capitaines de marines marchandes britanniques, également prisonniers, qu’il obtient du ministre de la Guerre, l’autorisation de se marier.

C’est une autorisation troublante, en temps de guerre, que les époux ont peut-être obtenus avec l’appui du beau-père de Patrick. En effet, Appoline Louise Henry, née le 22 octobre 1784 à Saarlouis, est la fille de Jean Paul Henry, procureur au baillage de cette ville. Pendant la Révolution Française, Saarlouis s’était rallié à la France contre la coalition des princes germaniques. Un temps appelé Sarrelibre, Napoléon lui redonna son nom après 1810.

Lors de leur mariage, ils reconnaissent leur premier fils, Charles Mathias, né à Strasbourg, le 20 mars 1808. Ils se fréquentent donc depuis quelques années. Ce mariage, dans ces temps troubles et incertains, entre ces deux amants de deux camps opposés, intervient sûrement pour clarifier l’héritage si les choses tournent mal.

Sûrement libéré après la première abdication de Napoléon Ier, Patrick Kewley s’installe un temps à Saarlouis avec sa femme, où naitra leur second fils, Jacob, le 15 juin 1814. Malheureusement, Patrick trouvera la mort, en mer, le 6 août 1816, dans des circonstances non élucidées.

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