Interlude généalogique n°1 : De la tradition orale

Les interludes généalogiques, c’est une nouvelle rubrique que j’inaugure aujourd’hui dans laquelle je vous présenterai des projets qui me tiennent à cœur.

Pour cette toute première, je vous présente Oral Généalogy Project Cameroon. Cette association camerounaise a pour projet de faire découvrir la généalogie au peuple camerounais et les valeurs de transmission et de partage qui s’y rattachent.

Alors que la tenue obligatoire d’un Etat-Civil n’est instauré au Cameroun que depuis le 29 juin 1951, ce travail de mémoire est essentiel. Ses bénévoles parcourent le pays à la rencontre des anciens et, de villes en villages, reconstituent peu à peu l’arbre généalogique de toute une nation en se basant sur la transmission orale.

En partenariat avec Family Search, site de référence tenu par l’Église Mormone, ils mettent en ligne les résultats de leurs relevés qui viennent consigner pour le futur ces témoignages uniques avant qu’ils ne se perdent.

En France, cette démarche a été étudiée par Gilles Pison, chercheur associé à l’Institut national d’études démographiques, qui a pointé son utilité pour la conservation des mémoires ainsi que pour l’étude démographique des populations où la consignation écrite reste à la marge. Il a également mis en exergue les limites de l’exercice que sont la défaillance de la mémoire et les biais culturels qui peuvent, par exemple, effacer les lignées maternelles au profit des lignés masculines (ce qui concerne tous les peuples du monde malheureusement…).

Il reste que, si la mémoire des hommes peut se révéler défaillante, ce que nous disent les souvenirs de nos anciens, ce à quoi ils se sont attachés (et même, en négatif, ce qu’ils ont oublié) nous dit beaucoup sur nous mêmes. De plus, faire sa généalogie, c’est faire corps en tant que famille au sens ténu du terme mais également en tant que grande famille de l’Humanité car, en cherchant un peu, nous serons tous cousins. La petite histoire rencontrant la grande à chaque instant.

Le Cameroun comprend près de 240 ethnies et autant de dialectes régionaux. Ce projet, j’en suis sûr montrera à quel point les gens sont proches malgré leurs différences apparentes. Comme je le dis souvent, il faut se connaître soi-même et sa propre histoire, pour accepter et apprécier l’altérité.

Voilà la page Facebook de l’association, sur laquelle vous pourrez en découvrir davantage : https://www.facebook.com/OralGenealogy.



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